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CPCS est impliqué en profondeur dans la rue, avec elle et pour elle. Les raisons qui ont amené l’enfant à la rejoindre sont complexes mais il est très important dans notre perspective de les comprendre et de les respecter. Les enfants des rues vivent en groupe, en bande, suivant leurs propres règles, leurs propres modes de pensée et de vie. Se sentant rejetés par la société, ils s’enferment dans un monde parallèle, créant une micro-société semi-structurée avec des valeurs, une certaine hiérarchie, des habitudes sociales, ...
Travaillant comme ramasseurs de poubelles, mendiants, voleurs, ... leur image auprès du grand public n’est pas très positive, loin s’en faut. Ils sont ce que les gens appellent des "kathes", mot initialement utilisé pour décrire les collecteurs de déchets mais qu’on utilise aussi pour designer l’ensemble des enfants qui vivent, travaillent et dorment dans les rues. Le terme "kathe" est fort péjoratif et les enfants refusent d’être appelés ainsi. Quoi qu’il en soit, cette appellation décrit bien le sentiment général du grand public à l’égard des enfants des rues. Ils sont considérés comme des parasites sociaux, des petits criminels et des drogués. Le fait qu’ils portent des vêtements sales, utilisent un langage peu raffiné et semblent refuser la plupart des contraintes sociales apparaît pour beaucoup comme des preuves supplémentaires de leur position marginale et néfaste.
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De l’autre côté, les enfants considèrent qu’ils n’ont pas d’autres choix que de se comporter différemment. « Personne ne nous accepte, ils nous appellent chiens, Kathes, singes. Alors pourquoi nous-mêmes devrions-nous les respecter ? On a notre chemin et c’est bien ainsi, nous ne sommes pas du même monde qu’eux » commente Sujan, un enfant de 13 ans. Le cercle semble sans fin : exclusion, marginalisation, violence,… Se sentant considérés comme personnes socialement rejetées, les enfants en retour rejettent la société et ses règles. « Pourquoi aurions-nous à respecter une société qui nous rejette ? » Cette dramatique interrogation est l’une des raisons qui justifie notre travail. Le paradoxe est en effet terrible : la société rejette les enfants des rues parce qu’ils sont asociaux, et les enfants sont asociaux car la société les rejette. Nous tentons d’être un pont entre les deux mondes, de montrer que les enfants des rues aussi sont des personnes sociales qui doivent être acceptées mais aussi acceptables.
Etre une personne sociale n’est pas qu’un droit, c’est aussi un devoir et des responsabilités que les enfants doivent intégrer. En ce sens, les enfants des rues ne sont ni victimes, ni coupables, ils sont acteurs, partenaires.
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