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Introduction :

Lorsque le passé reste trop lourd, les tentations trop grandes ou la rue trop présente, l’enfant a besoin d’un environnement transitoire auquel il peut s’adapter avant d’envisager toute idée de retour en famille, ou bien de passage vers une autre organisation. Ainsi est né le prolongement des refuges, le programme de réhabilitation qui est un deuxième niveau de socialisation pour ex-enfants des rues et travailleurs. Celui-ci allie les éléments suivants dans une perspective respectueuse de l’enfant, de ses choix et de ses rêves :

- Soutien éducatif et réhabilitation progressive en milieu scolaire.
- Prise en charge intégrale de l’enfant hors des dangers et tentations de la rue.
- Soutien légal, médical et psychologique pour surmonter le passé.
- Socialisation par les arts et le sport.

Ce programme est séparé en deux parties successives :

Arts-rue 1 : C’est une première étape où l’enfant qui vient de quitter la rue est re-socialisé par les arts, l’éducation, le sport et un soutien psychologique poussé. Cette étape s’étalera sur le nombre de mois dont l’enfant aura besoin avant de retourner en famille, vers une autre organisation, ou bien vers notre programme de réinsertion scolaire (interne - Arts-rue 2).

Arts-rue 2 : Il s’agit d’un programme de réinsertion en milieu scolaire offrant aux enfants une prise en charge complète au sein de nos structures. Le théâtre, la musique et le chant restent des outils importants dans le processus de réhabilitation de l’enfant.

Nous recherchons en urgence des parrains/marraines prêts à soutenir la vie d’un enfant du programme Arts-rue.

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Un processus progressif de réhabilitation :

Après quelques mois passés au sein des refuges, certains enfants manifestent le désir de quitter entièrement la vie des rues au profit d’un environnement plus stable. Lorsque les circonstances le permettent, nous renvoyons alors l’enfant vers sa famille ou vers une institution fermée (de type orphelinat). Malheureusement et bien souvent, lorsque une réinsertion en famille n’est pas possible (pour diverses raisons : décès, abandon, remariage, divorce, violence, problème maoïste), les institutions établies ne sont pas adaptées à des enfants dont la rue a été la maison pendant souvent plusieurs années.

Pourtant, nous restons convaincus qu’une réinsertion sociale, passant souvent par une réinsertion scolaire, est possible pour tout enfant à partir du moment où lui-même est convaincu qu’il en est capable.

La plupart des mauvaises habitudes des rues (prise de drogue, violence, criminalité) peuvent être "surmontées" et les enfants prêts à tenter l’aventure peuvent à terme considérer les drames vécus en rue comme de mauvais souvenirs.

Le défi est le suivant : tout en prenant appui sur l’expression culturelle, artistique et sportive, allier éducation et socialisation (danse, chant, musique, théâtre, cirque) pour faire ressortir les capacités de l’enfant, le pousser à croire en lui-même, en ses droits et devoirs sociaux et les faire partager aux autres.


Activités :

- Théâtre : Le théâtre permet l'expression directe avec le public. Il permet aux enfants de parler d’eux-mêmes, de leur vécu, du travail, de la drogue, de la souffrance, du froid, de la puanteur des dépotoirs.

- Chant-musique : Le chant permet également d’extérioriser, de parler de soi et des autres, de faire passer des messages. Les enfants apprennent à jouer de la guitare, à écrire des chansons, à faire des vers, …

- Dessin-peinture : Par le dessin, on peut revisiter le passé de l’enfant, percevoir ce qu’il y avait avant :la famille, le village,… On peut faire parler l’enfant, même le plus secret, faire sortir les mystères de sa vie passée et lui apprendre à envisager un avenir plus serein.

- Danse : Forme d’expression corporelle par excellence, la danse permet de laisser parler le corps. Ceux de nos enfants, bien meurtris par la rue et la haine, ont besoin de s’exprimer pour en évacuer la souffrance.

- Sport : Il s’agit avant tout du football, du badminton, du volley, du cricket,… Ces sports, en général collectifs, permettent à l’enfant d’apprendre à élaborer une stratégie avec et par rapport à d’autres enfants. L’effort physique est également un bon moyen d'extériorisation pour une violence interne parfois difficile à maîtriser.

- Cours généraux : Cours d’alphabétisation, de socialisation, d’anglais,… Ils permettent à l’enfant de retrouver un niveau acceptable qui facilitera un accès en milieu scolaire. Citons pêle-mêle comme branches enseignées : l’anglais, les maths, la santé, l’hygiène, les sciences, l’histoire,…

- Réhabilitation familiale : Le processus de réhabilitation familiale permet à l’enfant de reprendre contact, lentement mais sûrement, avec sa famille ou avec les membres subsistants. Avec le soutien de nos équipes, le lien famille-enfant peut être reconstitué, consolidé et parfois jusqu’à la réinsertion complète de l’enfant dans son environnement, ce qui est évidemment l’objectif premier.

- Réinsertion scolaire : Lorsque toute possibilité immédiate de réinsertion familiale est écartée mais que l’enfant manifeste suffisamment d’intérêt et de volonté pour rejoindre les bancs de l’école, le programme de réhabilitation le lui permet et l’encourage. D’une manière différente et traditionnelle par rapport à notre système d’éducation parallèle et adapté, l’école et son contexte offrent des voies de socialisation intéressantes. Sortir de la rue et rejoindre les bancs de l’école est un choix difficile et un défi compliqué mais possible quand l’enfant est prêt à faire le pas. Nous soutenons les enfants des rues désireux de devenir ou redevenir écoliers. Une fois placés dans le programme de réhabilitation et soutenus par nos équipes, beaucoup d’enfants trouvent la force nécessaire pour mener à bien ce challenge. 85 % des enfants du programme de réhabilitation sont à présent inscrits à l’école publique.