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Education, socialisation, prévention, activités sportives et culturelles, mise en confiance sont les moteurs principaux du programme Refuge, destiné à faire face aux multiples besoins rencontrés par les enfants des rues au quotidien et à leur donner les outils nécessaires pour répondre aux dangers auxquels ils sont confrontés.

Outre les 3 heures journalières d’éducation, matin, après-midi et soir, de larges moments sont consacrés à la discussion dans une perspective d'éducation informelle et de réinsertion sociale. De même, nous encourageons énormément les enfants qui désirent se diriger vers un autre chemin que celui du travail et de la rue.

Néanmoins, il est important dans notre optique de respecter les raisons pour lesquelles de nombreux enfants s’accrochent à leur petit boulot. Gagner quelques roupies permet parfois de subvenir aux besoins de toute une famille, et si le travail d'un enfant reste bien sûr inacceptable, il est néanmoins compréhensible et actuellement inévitable dans la réalité népalaise.

Chaque jour, durant trois heures, un cours d'alphabétisation, de socialisation et d'éducation est accessible aux enfants. Apprendre à lire, à écrire, à compter, se conscientiser sur le danger de la drogue, des relations sexuelles clandestines, sur les règles de vie en socialisation, sont un bagage que l'on entend offrir à nos petits pensionnaires.

Les enfants qui mangent au refuge doivent contribuer aux frais de celui-ci : à raison de 5 roupies s'ils ne participent pas aux cours. Cet argent ainsi collecté n'est pas d'un grand secours pour notre budget mais il offre à l'enfant, une place et une responsabilité dans notre enceinte. Il le sait : s’il n’a pas trouvé de boulot pour la journée, soit il vient au cours et reçoit à manger gratuitement, soit il doit donner 5 roupies pour pouvoir manger avec ses camarades. En travaillant, nos pensionnaires gagnent un peu d'argent chaque jour. En le faisant participer, nous n’avons pas d’autres buts que de responsabiliser l’enfant, de l’amener à investir ses maigres fonds dans des choses utiles et non dans la drogue, les cigarettes, les cartes ou l'alcool. C’est également la raison d’être de notre système bancaire.

Le refuge est ouvert à tous les enfants. Nous n'avons évidemment aucun critère de sélection lié à la caste, à l'histoire ou au statut de l'enfant. Nous poussons par ailleurs nos enfants à rentrer chez eux au plus vite lorsqu'ils jouissent encore d'une structure familiale. De même, pour les enfants qui viennent d'arriver dans la capitale et qui n’ont donc ni l'expérience du travail, ni acquis les mauvaises habitudes de la rue (drogues, activités criminelles,…), nous essayons de les aiguiller au plus vite vers une organisation qui peut les prendre en charge et, si possible, les renvoyer chez eux. En résumé, les enfants qui appartiennent au refuge sont ceux qui ont fait le choix de rester en rue, d’essayer d’y survivre et de trouver un boulot. Dans notre perspective, il est important de respecter ce choix, quelqu’en soient les motivations.



Démarche :

L'essentiel de la démarche de socialisation suivie s’effectue directement par l'enfant. Nos membres-pensionnaires sont directement impliqués dans la gestion de la vie du refuge. Nous tentons de leur faire comprendre qu'ils y sont chez eux et que par conséquent, ils y ont des droits mais aussi des responsabilités.


Résumé des activités engagées dans les refuges :

1. Le club cuisine : La cuisine est gérée par les enfants eux-mêmes. Chaque jour, deux enfants le matin, puis deux autres le soir, s'occupent de la cuisson du riz, des lentilles et des légumes pour tous les enfants de CPCS ainsi que les staffs. Ceux qui n'ont pas suivi le cours de 9h00 à 10h30 ou de 16h30 à 18h00 doivent payer 5 roupies pour obtenir un repas, ce qui est valable pour le matin et le soir. Les 5 roupies, rappelons-le, sont demandées dans une logique participative. L'enfant travailleur gagne un peu d'argent et a tendance à le dépenser facilement en cigarettes, en drogue, en bonbons,... tandis que le mettre de côté ou le conserver pour sa nourriture est une démarche beaucoup plus complexe qu'il est important, selon nous, d'intégrer. De même, le simple fait de recevoir abaisse l'individu. Or, s'il peut contribuer, offrir en retour, il se sent responsable. 2. L'éducation : Deux fois par jour donc, de 9h30 à 11h00 et de 16h15 à 18h00, des professeurs, travailleurs sociaux suggèrent aux enfants des cours d'alphabétisation, de socialisation, de santé. Ces cours ne sont pas obligatoires et nos enfants sont libres d'y participer. S'il décide d'y rester, l'enfant ne doit pas donner la participation de 5 roupies aux frais de refuge. C'est une petite motivation supplémentaire qui marque la différence entre ceux qui ont choisi de travailler en rue et ceux qui ont décidé d'apprendre. Si un jour, il n’a pas trouvé de boulot et qu’il n’a plus d'argent dans notre banque, l'enfant sait que s'il va au cours, il peut rester gratuitement.

3. L'auto-gestion : Le refuge est autogéré par les enfants eux-mêmes. Il a été créé à leur demande et ils ont la responsabilité de son maintien, du bon déroulement des choses. Hormis les 15 règles de base, le reste relève des règles de savoir-vivre édictées par les enfants eux-mêmes.

4. La banque de rue : Les enfants ont la possibilité de déposer leur argent chez nous car la rue présente de nombreuses menaces comme le vol ou le racket qui les privent bien souvent du salaire qu’il touche en travaillant. Il leur suffit de nous en faire la demande pour que celui-ci leur soit restitué. Ce programme a été établi l’année dernière à la demande des enfants.

5. Les casiers individuels : Le refuge est pourvu de petits boxes fermés où les enfants peuvent ranger leurs affaires personnelles (vêtements, chaussures et objets de valeur). Une clef donnant accès à l’une des réserves est remise à chaque pensionnaire. L'enfant peut ainsi passer une nuit en paix sans avoir à se soucier de son petit patrimoine.

6. La bibliothèque : La bibliothèque du refuge met à disposition une multitude de livres portant sur des sujets très variés.

7. Les activités journalières : Chaque jour, de midi à 3h, nous proposons aux enfants présents des activités diverses de socialisation par le sport, l'éducation et la culture (formations de karaté, cours de musique, matchs et tournois du football, etc.).


Calendrier du refuge :

4h30 – 6h00 : Réveil
6h00 – 7h00 : Thé
7h00 – 8h00 : Exercices physiques
8h00 – 9h00 : Education informelle*
9h00 – 10h30 : Cours du matin
10h30 – 11h00 : Repas du matin
11h00 – 12h00 : Nettoyage de la maison
12h00 – 16h00 : Ordinateurs et éducation informelle*
16h00 – 16h30 : Casse-croûte
16h30 – 18h00 : Cours de l’après-midi
18h00 – 20h00 : Education informelle*
20h00 – 20h30 : Repas du soir
20h30 – 21h00 : Nettoyage de la maison
21h00 – 22h00 : Détente et lecture
22h00 – 4h30 : Dodo

* Education informelle = Socialisation par le sport et la culture où l’on apprend à assimiler certaines règles de vie et à respecter le règlement de la société. On y apprend à adopter une bonne attitude avec ses amis, à employer la langue appropriée, à éviter des dangers de la rue comme les drogues, la violence, et à avoir une hygiène de base.

Cours du matin: 9h00 – 10h30 Cours du soir: 16h30 – 18h00
dimanche Santé / Népali Hygiène / Anglais
lundi Droits humains / Maths Auto-gestion / Sciences
mardi Etudes sociales Santé / Népali
mercredi Santé / Népali Droits humains/ Géographie
jeudi Organisation individuelle/Sciences Etudes sociales / Maths
vendredi Hygiène / Anglais Droits humains / Police
samedi Congé Congé