Narayangadh se situe dans la région du Teraï, près de la frontière indienne, à 146 km au sud de la capitale. Cette zone connaît d’importantes migrations. L'explication est simple : Narayangadh se situe au milieu de l’autoroute qui traverse le Népal d’ouest en est ; pour les automobilistes, Narayangadh est aussi le dernier point de transit avant Katmandou.
L’ouest du Népal est rural. Cette région est majoritairement habitée par les castes les plus pauvres et par d'autres groupes ethniques largement dominés socialement et économiquement. Il s'agit de la zone la plus touchée par le conflit maoïste.
Les enfants convergent naturellement vers les grandes villes situées le long de l’autoroute. Ils arrivent en masse dans l’espoir de trouver un travail, de fuir les violences du conflit et l’enrôlement maoïste. Certains parents les poussent également à rejoindre une ville et espèrent qu'ils y trouveront le nécessaire pour survivre. Ces raisons font de Narayangadh et de Butwal des zones de passage très importantes pour les enfants (nous en estimons environ 200 dans les rues de Narayangadh). Une fois en ville, ils cherchent de petits boulots et dorment dans la rue. Ils vont rencontrer d’autres enfants qui vont les intégrer dans leur groupe. En apprennant à survivre en rue, ils prendront naturellement certaines mauvaises habitudes telles que la drogue, la cigarette et l'alcool.
Dans cette réalité, il était urgent de lancer très vite le travail de rue. Nous essayons donc de conscientiser ces enfants sur les dangers de la rue (exploitation, maladies sexuellement transmissibles, drogue, etc) et de leur présenter les différents services de notre organisation. C'est en 2004 que nous avons ouvert à Naranyangadh notre premier refuge. Avec le temps, nos activités ont pris leur envol et les enfants sont de plus en plus nombreux a y prendre part.
Le refuge:
Le principe du refuge est identique a celui de Dillibazar. Les enfants ont la possibilité de manger et d'y dormir à condition de payer 5 roupies symboliques. Ils peuvent toutefois manger et dormir gratuitement s’ils participent aux cours d’éducation informelle que nous organisons trois fois par jour. Nous proposons en outre des activités sportives et artistiques.
Les moteurs principaux du programme Refuge sont l'éducation, la socialisation, la prévention, les activités sportives et culturelles, la mise en confiance. Ce programme inclue également le système bancaire, les casiers pour les vêtements, la nourriture et les douches.
Le refuge de narayangadh soutient entre 30 et 60 enfants chaque jour.
Le programme Arts-rue:
A Narayangadh, nous avons mis en place un programme de réhabilitation (Arts-rue) qui prend en charge 10 enfants.
Il s’agit d’une première étape où l’enfant qui vient de quitter la rue est re-socialisé par les arts, l’éducation, le sport et un soutien psychologique poussé. Cette étape s’étalera sur le nombre de mois dont l’enfant aura besoin avant de retourner en famille, vers une autre organisation, ou bien vers notre programme de réinsertion scolaire (Arts-rue 2).
Le programme de réinsertion scolaire:
En avril 2006, nous avons ouvert un programme de réinsertion scolaire qui compte 12 enfants.
Lorsque toute possibilité immédiate de réinsertion familiale est écartée mais que l’enfant manifeste suffisamment d’intérêt et de volonté pour rejoindre les bancs de l’école, le programme de réhabilitation le lui permet et l’encourage. Les enfants qui prennent part au programme sont soutenus par nos équipes et beaucoup d’entre eux trouvent la force nécessaire pour mener à bien ce challenge.
Les services médicaux:
Nous disposons également à Narayangadh d'une petite clinique de 5 lits.
La clinique de CPCS est née dans l’espoir de fournir aux enfants des rues un accès basique aux facilités médicales et aux soins de santé. Il s’agit d’un centre médical ouvert 24h/24 qui offre un service complet aux enfants et jeunes des rues.
Le système consiste à traiter nous-même les maladies présentant peu de gravité, d’offrir une aide de première urgence et de nous servir d’un réseau de référence vers les hôpitaux pour les cas les plus graves.